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John Williams : le maestro du cinéma

Publié par Art Culturaa sur 27 Novembre 2025, 15:16pm

Catégories : #Musique

John Williams avait annoncé sa retraite après le cinquième volet de la saga Indiana Jones, en 2022. Il est revenu sur sa décision, en déclarant lors de retrouvailles avec Steven Spielberg : “Je vais rester dans le coin encore un peu. Je ne peux pas m’éloigner de la musique. Une journée sans musique est une erreur”

Le compositeur, âgé de 93 ans, s’occupe en ce moment même de la musique du prochain film de Steven Spielberg, prévu pour juin 2026, mais cette participation a bel et bien un goût de dernière fois. Retour sur une carrière d'un compositeur désormais considéré comme un classique.

Hook, un crochet par le grandiose.


Steven Spielberg déclare à propos de la grande épopée réalisée pour la musique de Hook:

"A cause de l'énorme pression provoquée par la réalisation de notre dernière collaboration en décembre 1991, Hook, John commença d'écrire la musique avant de voir le film terminé. Sa seule aide, c'était le scénario et les premières bobines du film".

Cette déclaration n'est pas tout à fait exacte. En réalité, John Williams débuta son travail sur la musique de Hook avant même que le film ait commencé, même s'il ne le savait pas lui-même.

En 1985, Steven Spielberg prit sur lui de produire une comédie musicale basée sur le classique intemporel de J.M. Barrie, Peter Pan . Naturellement, ce fut John Williams, le collaborateur de longue date de Spielberg, que ce dernier supplia d'enregistrer les chansons et la musique.

Avec sa propre collaboratrice, Leslie Bricusse fournissant les paroles, Williams composa neuf chansons et l'intégralité des thèmes avant que la production n'abandonne finalement l'idée.

Nous ne savons pas s'il existe toujours des enregistrements de cette période ou combien de thèmes étaient composés. Heureusement, Williams s'était donné l'opportunité de revisiter et d'étendre ses idées musicales sur une toute nouvelle échelle en 1991, lorsque les fantaisies de Spielberg sur l'ultime Peter Pan se changèrent en Hook.

Deux des chansons que Williams avait (on le présume) composées pour l'idée originale de 1985, We don't wanna grow up et When you're alone figurent dans le film.

Sur plus de deux heures montrant des effets visuels fantastiques et l'atmosphère de l'histoire du livre, le film demanda à Williams des talents considérables pour en composer la musique.

Mis à part quelques passages sans enregistrement, la quantité de musique composée excède la longueur du film. Williams domine la narration. Le public est appelé à croire que c'est la musique de Williams qui est la cause d'une soudaine montée en flèche de Peter Pan dans le film; Williams qui influe sur la pompeuse démarche balancée du Capitaine Crochet; Williams qui nous transporte au Pays Imaginaire.


Hook est l'un des plus grands triomphes de John Williams. Dans sa technique et la diversité, il représente tout l'aspect de sa carrière musicale. Le maestro n'a jamais été aussi bon.

E.T., un décollage orchestral

Dans E.T. L'extraterrestre de Steven Spielberg, le célèbre thème du "vol", certainement la plus excitante mélodie que John Williams ait jamais écrite, n'est pas entendu dans sa pleine gloire dès le début du film.

Bientôt, comme l'anxieux E.T. développe une relation de confiance avec le petit Elliott âgé de dix ans, le thème est suggéré dans des formes diluées et altérées. En effet, beaucoup de la musique de commencement se réduit à l'anticipation et à la tentative, juste une chimère de cordes maintenues en suspension et accompagnés par une seule flûte. Mélangée avec une affectueuse musique, nous ne pouvons pas entendre autre chose qu'une version modeste du thème du "vol": on l'entend lorsque Elliott, avec l'aide d'E.T., fait tourner les oranges et boules de pâte à modeler telles des planètes d'un système solaire; et puis une nouvelle fois quand E.T. fait revenir une plante à la vie dans la maison d'Elliott.

Finalement, Elliott et E.T., avançant à vive allure sur le vélo d'Elliott, décollent dans les airs et passent devant la pleine lune. Seulement alors, le Flying Theme (thème du vol), lequel est vraiment représentatif des pouvoirs de créativité d'E.T., explose avec tout l'orchestre.

Sur un rythme vibrant et entraînant, les cordes montent en flèches, les cors font des bonds héroïques. C'est l'un des moments du film pleinement satisfaisant, et la satisfaction est répétée et étendue plus tard, quand Elliott, son frère aîné Mike et les amis de Mike, tous sur leurs vélos, échappent aux agents fédéraux en décollant de nouveau, mais à travers le soleil couchant cette fois. Si l'on peut parler de pur envoûtement grisant, la musique de Williams, à ce moment là, en atteint un sommet.

John Williams utilise la musique avec une considérable délicatesse. Il a été dit de nombreuses fois que la musique pour Star Wars marquait un retour formidable du grand orchestre symphonique dans les films hollywoodiens, et ça, bien sûr, était on ne peut plus exact.

Après des centaines de bandes sonores avec des ballades pop ou des musiques de rock, ou juste un piano et un duo de deux violons désespérés, ou encore de la musique créée par un synthétiseur, après tout cela, ce fut un énorme enthousiasme dans les années 70 d'entendre soudain le London Symphony se donnant à pleine voix, sa fanfare battant à tout rompre, ses cordes tourbillonnant furieusement.

La Liste de Schindler

S'il y a bien un album hors norme dans la carrière de John Williams, c'est celui de La Liste de Schindler. Mettre en musique un film qui traite de la Shoah, du nazisme, du ghetto de Varsovie, voilà une tâche ardue où de nombreux compositeurs auraient platement échoué. Mais il n'en fut rien pour John Williams qui, au contraire, prouva une fois de plus toute l'étendue de son talent et reçu un Oscar pour la bande originale de ce film de Steven Spielberg. Au-delà du thème principal, aujourd'hui mondialement connu et repris dans les concerts, la musique Schindler's Worforce, d'une durée de 9 minutes, a retenu notre attention, ainsi que la bouleversante Remembrances.

Harry Potter, par son réalisateur Chris Columbus, le 21 septembre 2001 à Londres.


De la magie. Il y en a quelques fragments précieux dans le monde d'aujourd'hui. La plupart d'entre nous avons redécouvert la magie dans les pages de J.K. Rowling avec les livres de Harry Potter.

En tant qu'adultes, nous avons été ramenés vers un temps d'innocence dans nos vies, un temps où nous avions découvert la promesse d'un futur meilleur et la possibilité que le bien puisse contrer l'obscur et le mal.

Lorsque j'ai commencé à tourner Harry Potter and the Philosopher's Stone [en français Harry Potter à l'école des sorciers] en film, mon seul but était de maintenir le vrai et fidèle esprit du livre. Cela signifiait tourner le film entier en Angleterre, avec uniquement des acteurs et actrices britanniques et sans m'éloigner du texte original du roman. Cela signifiait aussi choisir un compositeur dont la musique pourrait capturer la richesse et la texture de cette complexe histoire imaginaire. Je sentais qu'il n'y avait qu'un homme capable d'accomplir un tel exploit: John Williams. [Chris Columbus avait déjà travaillé avec le maestro pour Maman j'ai raté l'avion]

La musique de John pour Harry Potter and the Philosopher's Stone est un parfait accomplissement. Elle opère sur plusieurs niveaux. C'est une pièce d'accompagnement brillamment construite pour le film, s'intégrant sans problème aux images et à l'émotion.

C'est aussi un fantastique enregistrement, un album au concept classique racontant l'histoire de Harry Potter avec de la musique. Mais le plus important est qu'il capture l'âme du monde du jeune sorcier. Il y a un moment dans le livre et dans le film, quand Harry ouvre sa lettre en provenance de l'école de Hogwarts [Poudlard en français], école de magie et sorcellerie, et qu'il réalise qu'il est en réalité un sorcier, à ce moment, Harry devient libre de rêver.

La musique de John crée la même sensation dans le cœur de chaque auditeur. Elle libère votre imagination et vous donne la liberté de rêver. Alors mettez le CD, asseyez-vous et rêvez. Rêvez de lumière. Rêvez de combattre des seigneurs noirs. Rêvez de gagner un match de Quidditch. Et surtout, rêvez de magie. [d'après le Boston Globe, John Williams aurait commencé à composer la musique pour Harry Potter et les chambre des secrets le Lundi 3 Juin 2002 à Los Angeles, après avoir vu une brève scène du film à Londres]. 

Star Wars, La guerre des étoiles, une entreprise de grande envergure.


Qui aujourd'hui ne reconnaît pas l'ouverture de la Guerre des étoiles ?  Certes, il y a l'ouverture, le Star Wars Main Theme, suivit immédiatement par une composition différente selon le film des trilogies que vous regardez.

Mais derrière cela, il y a toutes les autres compositions intérieures aux films. Et si George Lucas n'a réalisé que le premier épisode de la première trilogie (plus la deuxième trilogie), John Williams, lui, s'est vu condamné à composer toutes les musiques de toute la série de films de plus de deux heures et demie... ça en fait des heures de musiques ! 

 Ainsi, la Guerre des étoiles se retrouve avec six thèmes travaillés et peaufinés dans les moindre recoins: Star Wars Main Theme, Princess Leia, l'un des plus beaux thèmes composés par le maestro.

La seconde trilogie reprend quelques années plus tard avec un nouveau paquet de thèmes mélangés, entremêlés, dilués. L'épisode I est marqué, évidemment par l'impressionnant choeur du Duel of Fates, dont les charmantes paroles ne sont pas de notre planète (ne cherchez pas dans un dictionnaire).

A noter, car il est difficile de le remarquer, que Hail to the winner Anakin Skywalker se termine par les terriblement inquiétantes notes de la marche impériale qui caractérisera par la suite Darth Vador

Un bémol toutefois, cette trilogie signée Lucas reste en-dessous de la qualité de la première trilogie - c'est d'ailleurs pour cette raison que Lucas avait choisi de ne pas commencer par ces trois épisodes de son histoire - et la musique de Williams peine souvent à trouver un narratif suffisant.

Avec la trilogie Indiana Jones, John Williams parvient au remarquable exploit de proposer aux spectateurs trois atmosphère différentes au-delà du thème principal à chaque fois exposé. Ainsi, quelques pépites sont à découvrir dans Le Temple Maudit, tout à fait différentes du magnifique Scherzo qui accompagne la course poursuite en side-car dans Les Aventuriers de la Dernière Croisade. Mais la perle sur laquelle nous souhaitons attirer votre attention est la musique composée pour Marion, avec ce Mi bémol à fendre l'âme, l'un des plus beaux thèmes d'amour de notre compositeur.

John Williams n'a pas composé que de la musique de film. Un très bel album, Call of the Champions, ravira les fans. On y trouve divers compositions rassemblées pour l'occasion, dont deux thèmes pour les jeux Olympiques à Atlanta et Salt Lake City en 2002, le dernier révélant sans aucun doute le meilleur de Williams: le thème est à la fois féérique et aérien, il donne envie de se mettre en action et de réaliser de grandes choses, une approche typique à l'américaine.

Peu connue des fans, cette composition pour le film Heidi de 1968, impose pourtant une certaine manière de faire dans la narration musicale qui deviendra typique du style de John Williams.

John Williams a offert des lettres de noblesse à la musique de film. Il a montré qu'un orchestre symphonique pouvait accompagner des genres cinématographiques aussi différents que la science-fiction, l'aventure, le drame, la comédie. Sa musique a émerveillé des générations de spectateurs, en témoigne le succès croissant des concerts, et le nom de John Williams figure désormais parmi les grands noms de la musique classique éditée chez Deutsche Grammophon. 

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