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Le Louvre possède également quatre autres chefs-d'œuvre majeurs de Léonard de Vinci : La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, Saint Jean-Baptiste, La Vierge aux Rochers et la Belle Ferronnière. Des tableaux parmi les ultimes créations du maître de la Renaissance, trois œuvres au total que Léonard conserva près de lui jusqu'à la fin de sa vie française.
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Lorsque Léonard de Vinci traverse les Alpes pour rejoindre la France à l'invitation du roi François Ier en 1516, il emporte avec lui plusieurs de ses peintures les plus précieuses. Parmi elles figurent la Joconde, la Sainte Anne et le Saint Jean-Baptiste. Après sa mort, en 1519, ces œuvres entrent progressivement dans les collections royales françaises avant de rejoindre celles du Louvre.
La célébrité mondiale de la Joconde a fini par masquer cette réalité : le musée parisien possède l'un des ensembles léonardiens les plus importants du monde. Les conservateurs du Louvre rappellent régulièrement que ces trois tableaux constituent le cœur de la dernière période créatrice de l'artiste.
La Sainte Anne : le testament spirituel de Léonard
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À quelques salles de la Joconde se trouve un autre chef-d'œuvre devant lequel il est souvent possible de s'arrêter longuement car la foule ne s'y presse pas : La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, plus simplement appelée « La Sainte Anne ».
Le tableau représente trois générations : sainte Anne, sa fille Marie et l'Enfant Jésus jouant avec un agneau. Mais derrière cette scène religieuse se cache l'une des compositions les plus audacieuses de toute la Renaissance.
Les corps semblent s'enrouler les uns autour des autres dans un mouvement continu. Les visages affichent cette douceur mystérieuse propre à Léonard. Les montagnes bleutées de l'arrière-plan se dissolvent dans une lumière presque irréelle. Rien n'est figé. Tout respire.
Les historiens de l'art considèrent souvent cette œuvre comme l'aboutissement des recherches de Léonard sur le mouvement, la nature et les émotions humaines. Elle résume des décennies d'expérimentations picturales et de réflexions scientifiques.
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Le musée du Louvre conserve également l’une des deux versions de La Vierge aux rochers, dans laquelle Léonard de Vinci pousse plus loin encore sa maîtrise du sfumato et de la composition. C'est aussi la version dont on est certain que l'ensemble de l'œuvre est de la main de Leonard, ce qui n'est pas le cas pour la version de Londres.
La lumière y est diffuse, presque liquide, enveloppant les figures dans une atmosphère suspendue. Tout y est lié : les corps, les regards, les gestes. Moins “iconique” que la Joconde, elle n’en est pas moins l’un des sommets de la peinture occidentale, et sans doute l’une des clés essentielles pour comprendre la pensée picturale de Léonard.
Saint Jean-Baptiste : le tableau le plus énigmatique du Louvre
Plus loin, dans un format beaucoup plus modeste, apparaît une figure surgissant de l'obscurité : Saint Jean-Baptiste.

Là aussi, vous aurez l'occasion d'admirer l'œuvre sans vous faire bousculer, pourtant, peu de tableaux produisent un effet aussi immédiat. Saint Jean-Baptiste flotte sur un fond noir. Son visage esquisse un sourire ambigu qui rappelle celui de la Joconde. Son doigt pointe vers le ciel. Son regard semble suivre le visiteur où qu'il se trouve.
On considère cette œuvre comme l'un des sommets absolus du génie léonardesque. Les restaurations récentes ont révélé toute la subtilité du clair-obscur et la virtuosité technique du peintre. Le personnage paraît émerger lentement de la nuit, comme une apparition.
Après avoir traversé la cohue entourant la Joconde protégée derrière sa vitre pare-balles, on découvre devant le Saint Jean-Baptiste une proximité silencieuse avec l'œuvre, presque intime.
Léonard au Louvre : un parcours en cinq étapes
Jusqu'au milieu du XXe siècle, les visiteurs pouvaient voir la Joconde sans l'épaisse protection de verre blindé qui la sépare aujourd'hui du public. Les attaques dont le tableau fut victime dans les années 1950 conduisirent le Louvre à renforcer progressivement sa protection, mais son aussi la preuve de la fascination croissante du public pour cette œuvre en particulier.
Pourtant le génie du maître italien ne se résume pas à un seul sourire. Il se déploie dans trois tableaux exceptionnels qui racontent les dernières années de sa vie et l'aboutissement de sa recherche artistique. Sachez aussi que le tableau de Sainte Anne et celui de Saint Jean-Baptiste ont été récemment restaurés, ce qui n'est pas le cas de La Joconde.
Bibliographie:
- Vincent Delieuvin (commissaire Louvre) – catalogue expo Léonard de Vinci (2019)
- Pietro C. Marani – L’ultimo Leonardo (2019)
- Carlo Pedretti – études sur Léonard et son atelier