Lorsque l’Ukraine est menacée par la Russie, le monde Occidental s’insurge et soutient l’Ukraine. Depuis 1950, le Tibet est occupé par la Chine, le gouvernement chinois allant jusqu’à renommer “Xīzàng” (西藏) ce vaste pays ; pourtant, la réaction internationale n’est pas audible. On peut contrarier Vladimir Putin, mais on ne contrarie pas Xi Jinping.
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En permettant, en 2024, au musée Guimet - Musée national des arts asiatiques à Paris - de remplacer le terme "Tibet" par celui de "monde himalayen", le soupçon se porte sur le musée d'avoir voulu satisfaire Pékin alors que se déroulait cette même année le soixantième anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine.
Ainsi, la preuve serait désormais faite que la France soutient officiellement l’effacement du Tibet de la carte du monde. Même la rapporteuse de l'ONU, Alexandra Xanthaki, a dénoncé, le 3 octobre 2025, ce qu’elle a appelé "une violation des droits de la culture tibétaine".
La France, "patrie des droits de l’homme", mais voilà, on ne brandit cet étendard qu’à l’égard des situations qui arrangent la diplomatie internationale. Ainsi, avant les années 2000, les Tibétains recevaient la désignation de « Tibet » sur leur passeport quand ils arrivaient en France ; depuis les années 2000 c’est l’appellation « Chine » qui les désigne.
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Il aurait une volonté administrative de cet effacement identitaire. Le plus paradoxal sont les prises de positions de nos médias français. Dès que Donald Trump a décidé de changer le nom du Golf du Mexique par celui du Golf de l’Amérique, nos chroniqueurs du service public se sont chargés de le vilipender en le qualifiant « d’extrême droite ». Mais pas un mot sur le changement d’appellation du Tibet. Le soutien aux minorités dont on nous parle abondamment n’a lieu que lorsqu’il s’agit en premier lieu de minorités susceptibles de renforcer un électorat.
Or, depuis 1959, Tenzin Gyatso, Le 14ᵉ dalaï-lama est en exil, son gouvernement aussi est en exil avec lui, et son peuple est en asile un peu partout dans le monde, en Inde, au Népal, et même en France avec environ 2500 Tibétains en région parisienne et à Toulouse.
Le 11ème arrondissement de Paris est jumelé avec Lhassa au Tibet. Dans cette diaspora tibétaine qui vit en France, qui possède désormais la double nationalité, il y a cette jeune génération qui a pris le relais du combat pour la survie du Tibet.
Le combat culturel se joue désormais sur internet. Students for a Free Tibet (SFT) est organisation internationale qui dispose de comptes actifs sur Instagram et Facebook, où elle partage des vidéos, des témoignages et des appels à l'action pour soutenir la cause tibétaine. Tenam བསྟན་རྣམ། : est Un podcast en français qui explore la culture tibétaine contemporaine, animé par des jeunes en exil. Enfin, Liberté au Tibet est une association française indépendante qui utilise les réseaux sociaux pour informer et mobiliser autour de la situation au Tibet.
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Depuis plus d’un an maintenant, les Tibétains demandent au Musée Guimet de remettre le mot Tibet en tête de la collection des œuvres d’arts en provenance du Tibet contre la politique chinoise de sinisation du Tibet. En juillet 2025, quatre associations ont assigné le musée Guimet en justice pour « effacement du Tibet », soulignant l'absence de justification historique ou culturelle pour ce changement de terminologie.
Sources :
Excellent série de podcast sur France Culture:
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-tibetains-de-france-preserver-son-ame-en-exil
Les articles:
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